Grande Course RATP 2026 : j'ai pacé le 1h55 au Stade de France
Première expérience de meneur d'allure officiel au 1h55 sur la Grande Course RATP. De Vincennes à la piste du Stade de France, voici mon débrief complet.
Pacer officiel. Deux mots qui ont une signification particulière pour moi depuis ce dimanche 5 avril 2026. Pour la première fois, je n’étais pas sur la ligne de départ pour battre mon propre record mais j’étais là pour les autres. Emmener un groupe de coureurs à travers Paris jusqu’à la piste mythique du Stade de France, les aider à franchir la ligne sous les 1h55. Une expérience que je n’oublierai pas de sitôt.
Être meneur d’allure : un rôle différent
Courir un semi-marathon en cherchant à se surpasser, on peut dire que je connaissais jusque là. Mais courir en tenant un drapeau dans le dos tout en gérant un groupe, c’est une toute autre histoire. La responsabilité est bien réelle : des dizaines de coureurs ont construit leur préparation autour de l’objectif en 1h55, et c’est moi qui porte leurs espoirs sur mes épaules, littéralement.
La mission est simple en apparence : il faut maintenir une allure constante de 5:27/km pendant 21,1 km, ni trop vite, ni trop lentement. En pratique, ça demande une gestion très précise de l’effort, une attention permanente au groupe derrière soi, et une bonne dose de communication tout au long du parcours (que ce soit pour les ravitaillements, les difficultés et d’autres encore). Plusieurs coureurs m’ont notamment demandé si j’allais rester constant ou au contraire m’adapter en fonction du parcours. Ma stratégie a été d’adopter l’allure la plus constante possible quitte à regarder ma montre en permanence tout en tenant compte des quelques montées et descentes du parcours.
Le parcours : de Vincennes au Stade de France
| Distance | 21,1 km |
| Dénivelé positif | 55 m |
| Départ | Hippodrome de Vincennes |
| Arrivée | Piste du Stade de France |
| Ravitaillements | km 5, 10, 15 et arrivée |
| Parcours | Voir sur OpenRunner |
Le départ depuis l’hippodrome de Vincennes est vraiment impressionnant. 10 000 coureurs, une atmosphère électrique, et ce sentiment particulier d’être reconnaissable dans la masse grâce au drapeau malgré un léger vent frais ce matin.
Le tracé relie le Bois de Vincennes à la Seine-Saint-Denis en passant par République qui est également le départ du 10 kilomètres. Il est globalement très roulant avec seulement 55m de dénivelé soit assez idéal pour viser un chrono. Quelques passages sur la coulée verte sont un quand même un peu étroits et il faut s’assurer que tout le monde reste groupé. J’ai du faire attention à ce que le drapeau ne s’accroche pas dans les branches, je n’y aurais jamais pensé pour le coup. C’est selon moi pas le parcours le plus pittoresque de la région parisienne, mais les deux extrémités rattrapent largement tout ça.
Et l’arrivée sur la piste violette du Stade de France… c’est quelque chose. Entrer dans l’enceinte, entendre les tribunes, sentir la piste sous ses pieds, c’est un moment fort. Pour beaucoup de coureurs du groupe, c’était leur premier passage dans ce stade. Je donne mes derniers encouragements et je sais que j’ai quelques secondes d’avance pour ne pas finir la course au sprint, pour une fois.
La course
Depuis le SAS de départ et sur les premiers kilomètres, le groupe s’est formé naturellement autour du drapeau. J’ai essayé d’instaurer un rythme régulier immédiatement, en annonçant les allures et en encourageant les coureurs à ne pas partir trop vite malgré l’adrénaline du départ.
Tout au long du parcours, des coureurs sont venus me remercier, certains m’ont posé des questions sur l’allure, d’autres couraient silencieusement dans leur bulle en se concentrant uniquement sur mes épaules. C’est là qu’on réalise à quel point le rôle de pacer crée un lien humain fort. On ne se connaît pas, mais on partage le même objectif pendant 1h55.
Les derniers kilomètres dans Paris et l’approche du Stade de France ont été le moment de vérité. J’ai senti le groupe se resserrer, la concentration monter d’un cran. Il ne fallait surtout pas craquer là.
Résultat
Temps final : 1h54m40 soit 20 secondes sous l’objectif, un pacing de qualité ! Mission accomplie avec les autres meneurs d’allure en 1h55 également.
Ce que j’ai retenu
Etre meneur d’allure d’une course, c’est une responsabilité non négligeable. On efface son ego, on oublie sa propre performance, et on se met entièrement au service des autres coureurs. En retour, les remerciements, les sourires et les bras levés à l’arrivée valent tous les records personnels du monde.
Les + de la course :
- Le départ depuis Vincennes et l’arrivée sur la piste du Stade de France
- L’organisation bien rodée et des bénévoles au top
- La chance de participer en tant que meneur d’allure
Les - :
- Quelques passages étroits sur la coulée verte difficiles à gérer en groupe
- Le parcours globalement peu spectaculaire entre les deux extrémités
Une première expérience de meneur d’allure qui donne définitivement envie de recommencer. Je vous recommande absolument de tester, je suis certain que vous ne le regretterez pas !
Prochaine course à venir : le marathon de Madrid le 26 avril prochain !
Infos officielles de la course : La Grande Course RATP